Adénome de la prostate : causes, symptômes, examens et traitements

adenome prostate

L’adénome de la prostate est une maladie caractérisée par l’augmentation du volume de la prostate, glande masculine du système reproducteur, située sous la vessie. On parle plus couramment d’hypertrophie de la prostate.

Adénome de la prostate : qu’est-ce que c’est ?

L’adénome de la prostate est maladie tumorale (tumeur) naturelle, liée à l’augmentation de la taille de la prostate avec l’âge. En effet, le volume et le poids de la prostate croissent progressivement de l’enfance à l’âge adulte, avant de se stabiliser. De la taille d’une noix, cet organe atteint généralement les 15 à 20 grammes. Mais à partir de 40 ans, la glande masculine reprend sa croissance et son volume augmente une nouvelle fois. On parle alors d’hypertrophie pour décrire un phénomène de développement trop important de cet organe. Souvent, elle s’accompagne d’une prolifération des cellules. On parlera alors d’hyperplasie de la prostate.

Cette maladie touche généralement l’homme à partir de 50 ans. Elle est courante et souvent bénigne. En outre, elle concerne près d’un homme de 60 ans sur deux et atteint 80% des hommes de plus de 80 ans. (1)

L’adénome de la prostate ne doit pas être confondu avec d’autres maladies. Il ne s’agit pas d’un cancer et la pathologie ne constitue pas non plus un signe précancéreux. L’hypertrophie de la prostate et le cancer de la prostate sont deux pathologies distinctes ne devant pas être assimilées. Néanmoins, elles peuvent coexister et augmenter les gênes, les troubles et les symptômes. De même, il ne s’agit pas n’ont plus d’une prostatite dont l’origine inflammatoire de la maladie est infectieuse.

Symptômes et évolution de l’adénome de la prostate

L’adénome de la prostate est (comme son nom l’indique) une tumeur bénigne pouvant être asymptomatique. Un homme sur deux ne ressentirait d’ailleurs aucun trouble et n’afficherait aucun signe flagrant de la maladie. Lorsque la maladie est accompagnée de symptômes, ceux-ci varient en fonction de chaque patient. La plupart du temps, les signes pathologiques sont une combinaison de troubles dits irritatifs et obstructifs, apparaissant progressivement et de manière variable dans le temps. Les symptômes peuvent en effet disparaître et réapparaître de manière aléatoire et brutale, ce qui impacte considérablement la qualité de vie du malade.

  • Les troubles irritatifs traduisent un affaiblissement de la capacité de la vessie à contenir l’urine. La maladie se caractérise alors par des mictions (évacuation des urines) fréquentes, abondantes et difficilement contrôlables. On parle alors de troubles mictionnels liés à l’HPB, se caractérisant par une pollakiurie (fréquence excessive des mictions) et une nycturie (se lever  fréquemment la nuit pour uriner).
  • Les troubles obstructifs traduisent des difficultés à uriner. Ils sont marqués par une faiblesse du jet urinaire, des gouttes souvent retardataires, des fuites urinaires et des sensations de vidanges incomplètes. Au niveau sexuel, l’HPB n’entraine généralement pas d’impuissance. En revanche, elle est souvent à l’origine de troubles éjaculatoires tels que l’éjaculation précoce ou une baisse de la force éjaculatoire.

Traité à temps, l’adénome de la prostate est curable et les symptômes peuvent être diminués. En revanche, si la maladie n’est pas soignée, des complications peuvent apparaître. Elles sont dues à une dégradation de la prostate affectant progressivement les organes voisins puis l’ensemble du système rénal. Les symptômes et les conséquences sont alors plus graves. Ils peuvent aller de l’infection urinaire à l’atteinte de la fonction rénale, en passant par des inflammations, des douleurs et des rétentions urinaires chroniques.

La nécessité de la consultation

De prime abord, l’adénome de la prostate est une maladie anodine. Mais les risques de complications sont réels, même si en 2013, seulement 15% des HPB ont été sujettes à des évolutions négatives. (2) La consultation médicale est donc primordiale en cas de symptômes ou de risques. A partir de 50 ans, il est conseillé de réaliser des examens réguliers afin de déceler toute anomalie ou risque potentiel.

Dans la perspective de faciliter la prise en charge des malades, des questionnaires standardisés ont été mis en place et approuvés par les instances de santé publique. Parmi les nombreux tests, le plus connu et le plus utilisé est le Score International symptomatique de la prostate (SISP). Il repose sur sept questions auxquelles les patients doivent répondre en donnant des ordres de grandeurs (jamais, une fois sur deux, une fois sur trois, etc.). Ils obtiennent ensuite un score compris entre 0 et 35. (3)

  • De 0 à 7 : peu symptomatique
  • De 8 à 19 : modérément symptomatique
  • De 20 à 35 : très symptomatique

Ce test permet au patient et au médecin d’évaluer la sévérité des symptômes et de la maladie avant de réaliser des examens plus poussés. Un test urinaire sera effectué dans un premier temps. Il sera suivi d’un toucher rectal. Le toucher rectal consiste en la palpation de la face arrière de la prostate. Le médecin introduit son index dans le rectum afin de constater une augmentation du volume de la prostate. En cas de tumeur bénigne, la prostate est souple, homogène et de forme régulière. Elle n’entraîne pas de douleur au toucher et reste délimitée par les parois rectales.
Ces examens peuvent être complétés, si nécessaire, par tout une batterie de tests visant notamment à écarter les risques de complications (échographie, radiographie, analyses sanguines, etc.)

Les traitements de la maladie

Il y a encore quelques années, seulement deux solutions permettaient de traiter la maladie : l’observation clinique et le traitement chirurgical. Aujourd’hui, les solutions thérapeutiques sont plus nombreuses mais ne permettent toujours pas de soigner l’HPB. Les traitements ont pour objectif de réduire les symptômes et ne sont donc pas administrés de manière systématique. L’adénome de la prostate peut faire l’objet d’une simple surveillance si elle est peu symptomatique. En revanche, si les symptômes sont modérés ou importants, un traitement médicamenteux est recommandé.

Le traitement consiste en la prise d’alpha-bloquant et d’inhibiteurs. Les alpha-bloquant permettent de lutter contre les contractions des voies urinaires. Ils facilitent les mictions. Les inhibiteurs quant à eux, agissent sur le volume de la prostate. Au bout d’un an, la taille de la prostate diminue en moyenne de 25 à 30%. (4)
Néanmoins, leur utilisation n’est pas sans risque. Elle peut entraîner une baisse de libido et des troubles de l’érection.

Dans les cas les plus risqués et les plus graves, la chirurgie peut être envisagée. Elle peut également être recommandée si le traitement médicamenteux est inefficace. Il existe 4 grandes pratiques chirurgicales.

  • L’endoscopie : elle permet le retrait des tissus endommagés grâce à un dispositif introduit dans l’organisme par les voies naturelles.
  • La thermothérapie (par radiofréquence) : elle consiste à chauffer et détruire les cellules pathologiques en diffusant un courant électrique à haute fréquence.
  • L’incision cervicoprostatique : elle consiste à élargir la partie inférieure de la vessie en pratiquant une tiquer une incision au niveau de la prostate.
  • L’adénomectomie : elle consiste à retirer la tumeur. On parle aussi d’ablation chirurgicale.

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